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Juil 12

CD « Nefta – les portes du désert »

Mamdouh Bahri « Nefta-les portes du désert » – CD : ZZ 84110 MFA

Sortie en Avril 1993 – Enregistré à Montpellier le 21 Décembre 1992 et le 12 Février 1993

Nefta Cover Design

Liste des titres

1 – Ziryab – 4:53
2 – Zinkola – 6:48
3 – Sole – 5:19
4 – Safa – 5:36
5 – Nostalgie – 5:21
6 – Julie – 3:57
7 – Awda – 5:49 Awda
8 – Ardjazzy – 6:45
9 – Nefta – 5:07
10 – Deux Mains – 6:13

Musiciens

Mamdouh Bahri : Guitar & Composition
Francis Balzamo : Bass
Jacques Lyprendi : Keyboard (2/3/7/9/10)
René Nan : Drums
Rachid Sbaï : Darbuka, Congas
Patrick Torreglosa : Tenor sax (3/5/9)

Notes du livret

Ces compositions sont le reflet d’un travail commencé depuis une quinzaine d’années d’abord par une période d’élaboration marquée par divers apports (musiques savantes et populaires arabes, musiques américaines … ) puis par une phase de synthèse entre le jazz et la musique spécifiquement méditerranéenne. En Orient la gamme naturelle est basée sur les unités de trois quarts de ton ; dans cet enregistrement les modes originaux sont déclinés de façon parallèle sur la gamme tempérée occidentale. Les rythmes, très colorés et nuancés, donnent une plus grande richesse à la musique et servent de support métrique à la mélodie.

1. Ziryab écrit en juillet 1992 en hommage au grand musicien et luthiste arabe Abu el Hassan Ali ben Nâfi dit ZIRYAB. Fixé à Courdoue en 822, il implanta en Andalousie les pratiques musicales de l’école de Bagdad, en y ajoutant l’éclat de son art personnel. Cette composition basée sur la Maqàm « Hijazkar’ utilise deux rythmes dont le premier, « A aràj », est bâti sur un cycle de 9 pulsations. L’autre partie du rythme est un 12/8.

2. Zinkola composé en Avril 1990, utilise une gamme d’origine turque « Zinkola ou Zingran en dialecte » et un rythme « Mokhammes » bâti sur un cycle de 16 pulsations.

3. Sole (the Spirit Of Life Ensemble) écrit en Janvier 1992, avec des harmonies empruntées au jazz et un rythme créé sur un cycle de 12 pulsations.

4. Safa (limpide) composé en octobre 1988, basé sur le Maqàm ‘Nawather’ avec des harmonies hybrides et un rythme de 12/8.

5. Nostalgie écrit en octobre 1986, avec des harmonies empruntées au jazz sur un rythme calypso, en hommage à Sonny Rollins.

6. Julie écrit en juin 1992, avec des harmonies empruntées au jazz et un rythme basé sur un cycle de 12 pulsations.

7. Awda (retour) composé en octobre 1991, avec des harmonies empruntées au jazz, sur une succession de deux rythmes: 7/8 & 6/8.

8. Ardiazzy (vient de Narjassi avec zz) écrit en novembre 1988, avec des harmonies empruntées au jazz sur un premier rythme « Narjassi » 13/8, l’autre rythme en 16/8.

9. Nefta (ville du sud tunisien) composé en décembre 1988, avec des harmonies modales et un rythme créé sur un cycle de 12 pulsations.

10. Deux mainx, (titre inspiré par un dessin) de février 1990, est un hommage au luthiste chanteur compositeur d’aujourd’hui Tahar Garsa qui a le mieux incarné la manière Tunisienne de jouer et de composer. Basé sur le Maqàm « Nekriz » et le rythme « Insiraf » 10/8.

(… ) Ainsi pour Mamdouh Bahri ce paradoxe singulier d’une rencontre féconde qui ramène au plus près de ses racines un musicien dont l’expérience personnelle, forgée au travers de multiples confrontations avec le jazz et quelques uns de ses illustres propagandistes (entre autres : John Scofield, Dave Liebman, John Abercrombie, Joe Dioro, Jim Hall, Richie Beirach, Horace Parlan et les improvisateurs du collectif « The Spirit of Life Ensemble »), se trouve sans cesse enrichie de réminiscences rythmiques (mais pas seulement) qui ancrent sa musique, définitivement, en terre orientale. Retrouvant un certain art du ressassement que le jazz n’a pas ignoré et dont on trouve l’écho dans un hommage bienvenu à Sonny Rollins. Quelque chose d’une tentation hypnotique qui semble être la clef d’un art du mouvement magnifiquement servi par une très originale technique guitaristique.
Jean-Paul Ricard

Dans la presse

Le disque de Mamdouh
Bahri est à l’image du Bosphore : il fait le passage entre deux continents sonores, jazz et musique orientale. La mémoire « américaine » du guitariste (retenus : la délicatesse de Jim Hall, le blues aéré de Scofield) se télescope à la richesse des modes et rythmes arabes Les thèmes en boucle font l’écho aux chants cycliques d’Oum Kalsoum, la voix du monde arabe. Tradition du ressassement, recherche d’une « substance » mélodique, manière d’hypnose. Indissociable de la danse, de la séduction, d’une ivresse joyeuse. Les portes s’ouvrent à l’espace de la nuit, aux mirages de l’imaginaire. La musique de Mamdouh Bahri est un nombril qui danse des 8 ouverts sur l’infini.
Sophie Haluk – Jazz Magazine – juillet/août 1993

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